Le premier passage de cette spéciale aura été l’occasion d’effectuer des reconnaissances à haute vitesse comme l’indiquait le leader Sébastien Ogier à l’arrivée. Pour la deuxième passe, la donne est totalement différente. Les chasseurs de points Rovanpera, Tanak, Sordo et consorts vont pouvoir s’en donner à coeur joie puisque ce sera leur unique chance de pouvoir grapiller quelques points. La donne est simple: les 5 premiers chronos de cette ultime spéciale se voient attribuer 5,4,3,2 et 1 point. Les hommes se battant en ête pour le podium chercheront évidemment à rouler sur un rythme élevé mais ne risqueront pas de prendre tous les risques avec le danger de tout perdre. Il s’agit de la spéciale la plus courte du Rallye. Trois sections de ce tracé sont asphaltées et représentent un total de 1,5 km situées à mi parcours. Les sections terre sont étroites et complexes. La fin du tracé est rapide avec de nombreux virages lents à 90° et la spéciale prend fin sur une partie asphaltée qui jouxte le podium de la power stage.

Avant le départ, du côté de chez Toyota, Latvala déclarait que ses pilotes Ogier et Evans auraient pour mission de controler mais que les écarts seraient ténus. Chez Hyundai, Adamo restait plus flou en précisant qu’ils étaient là pour marquer un maximum de points et qu’il était mal placé pour donner des consignes, chacun se comportant en professionnel…

Quelques gouttes d’eau commençaient à s’abattre sur le tracé à peine la première voiture placée sur la ligne de départ.

Cette super spéciale était également l’occasion d’enfin braquer les projecteurs du diffuseur sur les bagarres incroyables en WRC2. Fourmaux ouvrait le bal de cette ultime spéciale. Le français contraint à l’abandon dans l’ES2 poursuit son apprentissage et aura signé d’excellentissimes chronos ebn ayant pu repartir en Super Rally. Lors du prochain rendez-vous au Kenya, il sera engagé au volant de la version WRC de la Fiesta. Au passage du gué, il se montrait trop empressé et embarquait de l’eau dans le compartiment moteur à l’entrée d’air et sa voiture se montrait rétive sur quelques centaines de mètres suivants. Apprentissage qui pourrait bien lui être utile au Kenya dans trois semaines avec de nombreux passages de gués traditionnels . Il signait la première référence en 6’06.5. « Dommage pour la super spéciale » précisait le pilote, conscient que son chrono ne tiendrait pas…

La bagarre attendue sur ce chrono opposait Huttunen au malheureux Ostberg victime d’une crevaison sur ce même tracé plus tôt le matin. Après une minute de pénalité le premier jour puis une crevaison dans l’ES18, Ostberg est à seulement 2s1 de Huttunen. Très compliqué à reprendre mais un Ostberg déchainé est capable des plus incroyables des exploits. Le norvégien donnait tout son possible, emmenant sa voiture et ses pneus à la limite. Malheureusement, il rencontrait des problèmes de freins sur cette spéciale et n’aura pas eu les ressources techniques nécessaires et suffisantes pour pouvoir tenter le coup de la victoire en WRC2 dans cette dernière spéciale. Huttunen qui n’aura pas commis d’erreur lourde de conséquences ce week end s’impose donc sur le Rallye et rafle dans le même temps le temps scratch de catégorie et les 5 points bonus qui vont avec.

Suninen ouvrait ensuite le bal des WRC pour cette ultime spéciale du Rallye. Malgré son erreur de la première spéciale qui l’aura poussé à l’abandon pour repartir en Super Rally, le finlandais aura poursuivi son apprentissage.

Greensmith n’aura pas connu une course tranquille non plus. Poussé par deux fois en Super Rally pour raisons mécaniques, le britannique aura au moins pu aller au bout de ce Rallye de Sardaigne.

Rovanpera n’a plus rien à perdre! Le jeune finlandais qui, rappelons le, n’a que 20 ans, s’est fixé sur cette ultime spéciale. Conservant ses pneumatiques lors des trois premières spéciales du jour, il jetait tout son savoir faire dans ce chrono et signait le premier chrono référence viable en 5’34.6.

Juste après lui, c’est Ott Tanak, si malheureux la veille suite à son abandon alors qu’une très bonne position lui était promise à l’arrivée, qui prenait son envol. L’estonien améliorait encore la marque d’un peu moins d’une seconde. Positif malgré ses déboires au Portugal puis en Sardaigne il déclarait: » L’équipe Hyundaï a fait du bon boulot pour me donner une voiture de ce niveau. La voiture est vraiment rapide maintenant, et rien ne peut nous arrêter, seulement de petites choses. C’est une voiture rapide, et nous devons juste la rendre fiable. Je suis certain qu’on peut le faire. »

Son coéquipier qui aura commis une toute petite erreur aux conséquences immenses, Dani Sordo le suivait à son tour en tentant de racheter quelques points. L’espagnol ne parvenait toutefois pas à s’imposer.

Le japonais Takamoto Katsuta est certes loin au général mais est le premier des pilotes WRC à n’être pas passé par le SuperRally. En difficultés sur plusieurs spéciales et notamment le premier jour, il est capable sur chaque épreuve de véritables fulgurances quand les planètes sont alignées dans sa galaxie confiance.

Le patron de Thierry Neuville, Andrea Adamao avait été limpide avant le lancement de cette spéciale. Champ libre pour les pilotes, l’équipe est là pour marquer le plus de points possibles. Thierry prenait la balle au bond et smatchait en signant le meilleur chrono des Hyundai boys. Le belge confirme son podium et glane les 5 points bonus supplémentaires dévolus au meilleur performer.

L’alerte venait du splash de départ pour Evans qui commettait la même erreir que Fourmaux plus tôt avant lui et se voyait neutralisé de très longues secondes avec de l’eau à l’admission. Heureusement pour lui le moteur ne calait pas et il parvenait à reprendre des tours. Heureusement pour lui il avait constitué un matelas de plus de 30s d’avance sur Neuville ce matin, ce qui lui permettait de conserver la deuxième place à l’arrivée finale. L’alerte fût chaude! Un rallye et une position ne sont jamais acquises jusqu’à l’ultime terme d’une course. Evans avait bien fait de continuer à tout donner ce matin sans se reposer sur son avance. Il concède 18s d’un bloc à Neuville sur cette seule spéciale.

Enfin, le leader du Rallye Ogier déroulait sa dernière spéciale avant de pouvoir enfin rallier le podium d’Olbia. Le français faisait le job sans trembler et aura fait un rallye parfait en tous points, s’élançant depuis la place de balayeur lors de la première étape. Construisant son retour et aidé par l’abandon de Tanak, alors 40s devant, le français ne ses sera jamais désuni et glane deux points supplémentaires dans cette ower stage.

Classement ES20 (Powe Stage):

PosPiloteCo-PiloteTeamChronoPoints bonus
1BEL T. NEUVILLEBEL M. WYDAEGHE5:33.45
2EST O. TÄNAKEST M. JÄRVEOJA+0.24
3FIN K. ROVANPERÄFIN J. HALTTUNEN+1.13
4FRA S. OGIERFRA J. INGRASSIA+5.22
5ESP D. SORDOESP B. ROZADA+5.71
6FIN T. SUNINENFIN M. MARKKULA+7.3
7GBR G. GREENSMITHGBR S. LOUDON+13.3
8FIN J. HUTTUNENFIN M. LUKKA+15.05
9GBR E. EVANSGBR S. MARTIN+18.2
10NOR M. OSTBERGNOR T. ERIKSEN+20.44
11BOL M. BULACIAARG M. OHANNESIAN+22.03
12FRA A. FOURMAUXBEL R. JAMOUL+33.02
13JPN T. KATSUTAGBR D. BARRITT+33.2

Classement général provisoire après ES20:

PosPiloteCo-PiloteTeamDiff 1st
1FRA S. OGIERFRA J. INGRASSIA Yaris WRC3h19’26.4
2GBR E. EVANSGBR S. MARTIN Yaris WRC+46.0
3BEL T. NEUVILLEBEL M. WYDAEGHE i20 Coupé WRC+1:05.2
4JPN T. KATSUTAGBR D. BARRITT Yaris WRC+6:11.2
5FIN J. HUTTUNENFIN M. LUKKA NG i20+9:31.7
6NOR M. OSTBERGNOR T. ERIKSEN C3+9:39.2
7BOL M. BULACIAARG M. OHANNESIAN Fabia Evo+11:34.6
8CZE M. PROKOPCZE Z. JURKA Fiesta Mk II+17:25.1
ESP D. SORDOESP B. ROZADA i20 Coupé WRC+21:20.7
EST O. TÄNAKEST M. JÄRVEOJA i20 Coupé WRC+50:23.8
FIN K. ROVANPERÄFIN J. HALTTUNEN Yaris WRC+54:18.8
GBR G. GREENSMITHGBR S. LOUDON Fiesta WRC+1:02:37.8
FRA A. FOURMAUXBEL R. JAMOUL Fiesta Mk II+1:19:05.8
FIN T. SUNINENFIN M. MARKKULA Fiesta WRC+1:23:39.1

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